"Bientôt, je vais avoir fini, bientôt je vais pouvoir sauver mon prince, bientôt ..." marmonnait Ewana sans relâche depuis trois heures maintenant. Elle commençais à se lasser de la route que le trio dévalait à toute allure.
"Vous allez bien princesse ?" demanda pour la unième fois Mei d'un ton soucieux. "Si vous avez besoin de quelque chose, je peux toujours essayer de vous aider."
"Non, il n'y a rien à faire, il faut juste arriver enfin quelque part."
"Vous ne voulez toujours pas monter à l'intérieur du carrosse, vous savez, il y a assez de place à l'intérieur pour nous trois." lança Lyra, perchée sur le rebord de la fenêtre.
"Non, non, c'est correct, on va arriver là où il faut et puis, si je ne suis pas devant ce n'est pas ma quête, donc je dois rester là."
"Tu pourrais t'asseoir sur le côté vers le devant de la route aussi, tu serais ainsi la première devant nous." rétorqua Lyra tout en ignorant encore une fois son cocher dans son argumentation. Mais le cocher n'est pas important dans cette histoire.
"NON ! Je veux juste arriver, ça va aller ! " s'écria Ewana en se tournant vers l'arrière pour regarder sa cousine.
"Princesse, faîtes attention à devant vous !"
Ewana n'eut pas le temps de revenir vers l'avant, qu'elle fut catapultée lorsque Marguerite arrêta brusquement devant un obstacle quelconque.
Un obstacle qu'Ewana reçut en plein ventre, une clôture de bois, peinte en blanc.
Ewana se laissa choir de l'autre côté en grimaçant de douleur.
"Mais qu'est-ce qu'une clôture fait ici !??"
"Je pense que nous sommes arrivés au verger, princesse, vous allez bien ?" demanda le fidèle serviteur en descendant à son tour de cheval. Il se rapprocha de la pouliche afin de la calmer par des mots doux, pendant qu'Ewana le rassurait sur son sort.
"On est arrivé, elle est où cette gourde ?"
"Je ne sais pas, mais nous pourrions demander à ces personnes qui se tiennent là." répondit Lyra en descendant avec grâce de son moyen de transport et pointant au loin deux silhouettes qui se faisait face.
Elle fit signe à Mei de les attendre avec les chevaux à mi-chemin. Puis, elle acquiesça à la demande de sa cousine et commença à se rapprocher avec cette dernière vers deux jeunes filles qui semblaient se chamailler au beau milieu du verger.
"Mais pourquoi, elle est plus grosse que la mienne ! Tu la préfère c'est ça !! Et puis, toi ! Toi ! Tu pourrais arrêter de la pousser vers toi comme ça !"
"Mais, je fais rien de mal, tu m'as dis de faire pousser cette plante, je la fais pousser, ce n'est pas ma faute si elle est plus grande que ce que toi tu peux faire pousser et puis, elle m'aime, c'est pour ça, qu'elle se rapproche de moi."
"Elle t'aime !!!! C'est moi, la surdouée avec les plantes, toi ! Tu es l'apprenti qui fait tout de travers."
Ewana, sans trop savoir comment arrêter les deux commères qui semblent trop préoccupées par leur chicane autour de deux plants de tournesol, décida de pousser un cri strident afin d'attirer leur attention.
"HÉ ! Mais qu'Est-ce qui te prends à toi ??!!!!" s'exclama la jolie blonde de droite.
"Heu .... " fut le seul son que sortit la brunette de gauche, complètement perplexe face à des étrangers.
"Bonjour, je viens chercher la gourde, le vase ou quoi qui puisse y ressembler et grâce auquel on peut verser sans continu du vin. Vous savez de quoi je parle ?"
"Euh ... premièrement, tu vas nous dire ton nom et te présenter. Moi, c'est Jade, elle, c'est Aurore, nous sommes les sœurs du verger et toi ?"
"Désolée, je m'appelle Ewana et je suis un peu pressée par le temps, est-ce que vous pouvez me dire si vous avez la flasque à bière s'il vous plaît"
"Pourquoi tu es si pressée, on a tout le temps qu'il faut, mais puisqu'on est dans un conte et qu'il faut quand même que ça avance, d'accord. Oui, on a la gourde sans fin, mais d'abord, tu devras répondre à une simple question. Lequel de ces deux tournesols est le meilleur ?"
"Tu ne vas pas recommencer Jade, je t'ai dit que je n'ai pas fait exprès de te dépasser."
"Ça, c'est que ce que tu dis, on va demander un avis extérieur, alors ?"
Jade et Aurore attendait qu'Ewana choisisse la meilleure plante, mais elle savait pas trop ce que ça signifiait "la meilleure plante". Celle de Jade était bien proportionnée, de taille raisonnable sans être trop grande ou trop petite et était en parfaite santé. Celle d'Aurore était disproportionnée et avait tendance à pencher vers sa créatrice qui tentait de s'en éloigner de manière discrète. La première était parfaitement normal, sans extravagance, la deuxième était spectaculaire, mais imparfaite.
Ewana ne savait pas laquelle choisir pour réussir le test.
"Tu en choisi une, cousine, après tout, ce n'est pas très difficile." dit Lyra en arrière qui regardait la scène d'un air ennuyé. "Nous devons quand même revenir à temps pour le souper et si on dois passer chez Cain le Tenace, ça risque d'être long."
"Aucune des deux n'est la meilleur." s'essaya Ewana d'un ton pas particulièrement sûr.
"Comment ça aucune des deux ! Tu aurais pu dire que la mienne était normal et la meilleur ainsi, alors que celle d'Aurore est incroyable et la meilleur comme ça. Tu aurais pu dire l'une ou l'autre ou les deux, mais pourquoi aucune !!"
"Euh ... Jade, je pense que c'est la contraire de dire les deux, puisqu'elle n'a pas voulu contrarier aucune des deux et puis, tu lui a donné un choix."
"Ben oui, elle aurait pu choisir les deux et elle en a choisit aucune. C'est loin d'être flatteur."
Aurore poussa un soupir devant sa sœur.
"On pourrait juste lui donner la gourde et ce serait fini. Qu'est-ce que tu en pense ?"
"Certainement pas ! Elle va nous donner une nouvelle réponse par rapport à une nouvelle plante. Allez, fait pousser une autre plante Aurore, j'en fais de même, elle choisira entre elles après."
Ewana avait l'impression de subir le pire test de la journée, surtout qu'elle ne sortit pas une fois la bonne réponse. Devant la pousse de bleuets, elle voulut faire plaisir aux deux sœurs et répondit que les deux plants étaient parfaits, mais celui d'Aurore avaient des fruits tellement gros que la plante s'était cassée peu de temps après. Les sœurs avaient décrété que la meilleur plante était celle de Jade.
Auprès de la pousse de mais, Ewana déclara que celle de Jade était la meilleur, mais celle d'Aurore était plus grande et en meilleur forme sans être disproportionnée contrairement à celle de Jade qui était un peu plus petite qu'ordinaire, mais que pouvait y faire Ewana, elle n'avait jamais vu de plant de mais de sa vie. Devant la pousse de pommier, Ewana déclara que l'arbre d'Aurore était le meilleur pour sa grosseur et surtout pour le nombre de pomme qu'il avait jusqu'à ce qu'on découvre que les pommes étaient immangeables et que les pommes de l'arbre plus petit de Jade étaient succulente.
Ensuite, devant l'air découragé d'Ewana, Lyra prit sa place, sans plus de succès.
Au bout d'une heure infructueuse, les deux cousines étaient fatiguées de regarder pousser les plantes des deux sœurs et quelle ne fut pas leur surprise lorsqu'elles vit un troisième plant pousser hors de terre lors du 14e test. La troisième plante était parfaitement belle, de bonne proportion et sans défaut. Les sœurs furent elles-mêmes très étonnées devant le phénomène et elles avaient beau se regarder l'une et l'autre, elles ne pouvaient dire qui l'avait fait pousser.
"Princesse, je pense que ma plante est la meilleur, qu'en pensez-vous ?" demanda Mei qui avait rejoint les princesses peu de temps auparavant sans qu'elles ne s'en rendent compte.
"OUI ! C'est parfait ! Merci serviteur !" explosa Lyra, "Vous voyez, elle est parfaite, la meilleur des trois. On n'a jamais dit qu'il ne devait y avoir que deux plantes."
"C'est vrai, merci beaucoup Mei, je choisis la tienne comme la meilleur."
De concert, les deux sœurs se regardèrent d'un air entendu.
"D'accord, vous avez gagné. On va vous donner la gourde. Mais à lui, puisqu'il a su faire une si belle plante." lança Jade d'un air boudeur.
Enfin, les deux princesses pouvaient repartir, le chemin vers le château de Cain le Ténébreux était tout près. C'est avec un soulagement manifeste que Lyra grimpa dans son carrosse, alors qu'Ewana s'installait sur sa pouliche préférée.
"Je ne te remercierait jamais assez Mei."
"Oh ! Mais, c'est tout naturel et puis, c'en discutant avec le cocher que j'ai découvert que je pourrait peut-être vous aider."
"Le cocher ... ?"
"Ben oui, le cocher, c'est une personne intelligente, c'est dommage qu'on ne l'ignore autant."
Ewana lança un regard vers la silhouette en haut de l'habitacle alors que celui-ci décollait littéralement vers l'avant, car la princesse Lyra avait donné l'ordre d'aller le plus vite possible.
Se dépêchant Ewana et Mei les rejoignirent et reprirent leur place à l'avant du cortège qui se déplaçait résolument vers un sombre château en haut d'une colline au nord du royaume.
28 février 2015
25 février 2015
Cadeau pour Ewan
L'histoire d'Ewana Flower
Il était une fois, une princesse qui déjeunait tranquillement chez elle. Le chancelier de son père, Nathan, vient lui porter une lettre avec un air soucieux.
"Quelle bonne nouvelle m'apportez-vous aujourd'hui ?" demanda t'elle.
"Rien qui pourrait vraiment vous faire plaisir princesse. Un message à propos de votre fiancé Caprinou Longue Oreille est arrivé ce matin. Vous-devriez le lire, c'est urgent." dit-il avec un air de conspirateur.
"Oh ! Caprinou, je suis toujours contente de lire de ses nouvelles, donnez-moi la lettre, je vous prie"
Ewana lu rapidement la missive et son air enjoué du début disparu rapidement tout au long de sa lecture. On y lisait un court message comme suit:
Je détiens votre prince, chère princesse, à vous de prouver que vous désirez le récupérer. Nous vous attendons tous les deux dans mon humble demeure.
Signé Cain le Ténébreux
"Mais c'est horrible ! Il a été enlevé par Cain la Terreur, le vil seigneur du royaume voisin !"
"Je le crains princesse, peut-être devriez-vous allez le secourir ?"
"Mmmmm .... ben oui, pourquoi pas, d'habitude j'ai des soldats pour faire ça, mais après tout, c'est mon fiancé et je n'ai rien à faire aujourd'hui." dit-elle avec un air songeur qui ne resta pas longtemps, il fut assez vite remplacé par un sourire enjoué.
"C'est d'accord, je pars ce matin, le temps de me changer et je suis prête pour l'aventure."
"Moui ... c'est ça, c'est ça, faites donc, bon, dépêchez-vous avant que les gardes ne se rendent compte de votre absence." renchérit le chancelier qui ne paraissait pas du tout louche aux yeux de la princesse. Il prit même la peine de la pousser un peu dans le dos afin qu'elle aille plus vite.
Sa décision prise, Ewana partit se changer, car après tout qui partait sur les routes sans être prête et un bon ninja ne laisse jamais son équipement derrière. Bon, enfin, un bon ninja ne permet pas à quiconque de croire que vous êtes ninja, mais être une princesse à des désavantages par rapport à cette confidentialité. Afin de l'aider à garder son secret, Ewana faisait confiance à son ami le plus proche et aussi écuyer, Mei Nature.
En entrant dans sa chambre, Ewana le découvrit en train de complimenter les fleurs en pots tout en repassant sa robe de soirée. Bien qu'il soit un homme, personne ne doutait jamais qu'il puisse développer autre chose avec la princesse qu'une amitié sincère et dénudée d'une quelconque attirance.
"Aujourd'hui nous partons à l'aventure Mei." lança Ewana en entrant furtivement dans sa chambre, aussi silencieusement que possible comme tout bon ninja.
"Bonjour à vous aussi princesse, nous partons où ?"
"À l'aventure, dis tu as vu ... dit tu n'aurais pas vu mes bottes silencieuses par hasard ?"
"Oui, elles sont rangées avec les autres chaussures. Moi, Est-ce que je dois me changer aussi ?"
"Non, ce n'est pas nécessaire, je ne pense pas que tu puisse jamais être ninja, mais ta présence à mes côtés est suffisante. Bon, où sont passées ces satanées bottes !"
Bien sûr, être princesse a aussi des avantages, on a assez d'argent pour s'acheter plein de trucs vraiment utiles.
Une fois habillée, une robe n'est pas vraiment pratique, mieux vaut un bon pantalon et un haut noir, et après avoir laissé Mei dire au revoir aux fleurs, ils descendirent le plus silencieusement possible. Facilement pour Ewana grâce à ses bottes, plus difficilement pour Mei, il n'avait pas de botte.
"Il faudrait que je pense à t'en acheter toi aussi pour la prochaine fois." ronchonna la princesse en passant de justesse devant les gardes qui mènent aux écuries.
"Oh ! D'accord, comme vous voulez, mais vous ne pensez pas qu'ils devraient savoir où nous allons ?" demanda Mei.
"Non, non, ce n'est pas nécessaire et puis, le chancelier sait où nous allons."
"Oui et d'ailleurs, le chancelier commence à s'impatienter princesse." répondit tout bas, Nathan qui attendait le duo avec des chevaux prêts. "Sans vouloir paraître trop désireux de vous voir partir, vous devriez peut-être vous dépêcher quand même. Je vous dis ça avec tout le respect que je vous dois bien sûr."
"Oui, on arrive, vous arriverez à retenir les gardes au cas où." questionna Ewana en grimpant sur le dos de sa pouliche préférée, Marguerite.
"Bien sûr princesse, maintenant allez-y." répondit avec insistance le chancelier dont le sourire engageant commençait à se fatiguer.
Sur ces dernières paroles, Ewana lança son cheval au galop, suivit de loin par Mei qui avait pris son temps pour amadouer l'animal sous le regard insistant de Nathan.
Ce dernier, un sourire charmeur sur le visage et balançant sa main en signe d'au revoir, furent les dernières choses qu'Ewana vit par dessus son épaule, car elle devait bien le faire afin de s'assurer que Mei la suivait.
_____
Après de longues heures de chevauchée, Ewana vit sur la route ce qui semblait être une vieille dame recourbée, enveloppée de grands châles multicolores. N'apercevant nulle maison ou habitation à l'horizon, elle décida de s'arrêter afin de s'assurer que la vieille femme soit correct.
"Bonjour, vieille dame vous êtes loin de tout ici, où allez-vous ?"
La dame se retourna lentement pour faire face à la jeune princesse. Ce n'est qu'une fois complètement retournée, qu'Ewana se rendit compte que la femme en question était plutôt jeune, mais penchée vers l'avant de telle sorte qu'elle semblait porte le poids d'un âge plus grand. Elle portait autour du cou toute sorte de sphères de différentes grosseurs et de différentes couleurs qui semblaient l'attirer vers le sol.
"Bonjour jeune fille, je vais ici et nulle part à la fois et toi où vas-tu ?"
"Oh ! Je ne me suis pas présentée, je m'appelle Ewana Flower et je viens du château, avez-vous besoin d'aide pour porter ces boules ?" répondit la princesse en descendant de Marguerite.
"Non, non, je n'ai pas besoin d'aide, ça va, toi par contre je sens que tu vas avoir besoin d'aide dans ta quête et je veux bien t'aider. Je vais te donner trois indices sur ce qu'il te faudra faire pour réussir à sauver ton prince."
"Mais, je n'ai pas parlé de prince et puis, comment savez-vous qu'il est dans les problèmes ?"
"Il n'est pas difficile de connaître le prénom de la princesse du coin et je suppose que par rapport à aujourd'hui, ton prince doit effectivement avoir besoin d'aide. Alors, maintenant écoute-moi. Premièrement, tu devras aller chercher une plume à poème chez le grand calife Sharaka dans le désert du sud. Fais attention à ce qu'il te demandera, il demande toujours quelque chose en échange de ce qu'il donne. Deuxièmement, tu devra aller chercher le rêve-réveil chez le mage de la forêt qui se trouve à l'est. Fais attention dans cette forêt, on ne sait sur qui on peut tomber. Finalement, tu devra te procurer la gourde sans fin chez les sœurs du verger. Ne tombe pas dans le piège qu'elles peuvent te poser. As-tu tout compris ce que je t'ai dit ?"
"Oui, il n'y a aucun problème, mais vous êtes sûre que vous n'avez pas besoin d'aide, ça semble lourd, c'est quoi au juste ?"
"Non, je n'ai vraiment pas besoin d'aide. Il s'agit des secrets, les miens, ceux des autres, ils peuvent être lourds à porter ou léger, ça dépend, j'en porte aussi pour les autres, ils vont les récupérer un jour. Celui qui entoure ton prince est plutôt léger en ce moment. Je te souhaite bonne chance dans ton voyage, princesse. Peut-être nous reverrons-nous."
"Oui, peut-être, je l'espère." répondit Ewana en remontant à cheval, "mais au fait, quel est votre nom ?"
Doucement, la femme disparaissait un peu comme si elle s'effaçait. Dans un soupir, Ewana eut le temps d'entendre, la dernière parole de l'étrange dame.
"Je m'appelle Jill. Au revoir."
"C'était vraiment étrange ! Vous pensez qu'il faut faire ce qu'elle dit de faire, princesse ?" demanda Mei qui s'était tenu à l'écart durant l'échange.
"Oui, en tout cas, ça ne coûte rien d'essayer de faire ce qu'elle dit de faire avant d'aller chez Cain le Terrible."
"La Terreur, c'est comme ça qu'il se nomme je crois."
"Peu importe, alors, allons-y pour la plume machin-chose !" s'exclama Ewana en poussant son cheval vers l'avant.
"Princesse, le sud est par là et je crois que c'était la plume à poème qu'il faut aller chercher."
"C'est tout à fait ça, tu as raison, allons-y!" Ewana rectifia la direction de son cheval, un air gêné sur le visage et elle s'élança vers les dunes chaudes du sud.
___
Au milieu du désert se dresse un immense palais de marbre blanc et d'or. En plein cœur d'un oasis luxurieux, Ewana contemplait le majestueux bâtiment qui lui faisait face et ne savait pas trop comment faire pour y entrer.
"Bon, on y est, comment on entre là-dedans ?"
"Si vous permettez princesse, vous pouvez utiliser la porte et dire tout simplement que vous voulez parler au grand calife."
"Non, je ne peux pas faire ça, on me repérerais tout de suite et puis, je ne dois pas trop faire savoir que je suis sortie du château. Je vais essayer la manière furtive, attends ici Mei. Je ne devrais pas être trop longue." dit-elle en descendant de sa pouliche.
Courbée et sans faire le moindre son, Ewana Flower se dirigea vers la partie la plus dense de l'oasis en prenant soin d'observer les murs lisses qui formaient le palais. Elle trouva rapidement un endroit à couvert où les nombreux serviteurs ne pouvaient la voir grimper.
Avec aisance, la princesse grimpa prestement jusqu'à atteindre une petite fenêtre assez grande pour lui permettre de se faufiler à l'intérieur.
Poursuivant sa lancée, elle fut exemplaire. Déjouant les gardes grâce à ses prouesses acrobatiques, elle ne fut pas repérée, mémorisant son chemin, elle était prête à sortir en cas de danger, écoutant les serviteurs sans qu'ils puissent remarquer sa présence, elle savait où se diriger pour atteindre la salle d'eau où se reposait en ce moment même le calife.
Dans un recoin du couloir menant à la salle en question, elle prit le temps de repérer les lieux. Le grand calife Sharaka était confortablement installé sur une pile de gros coussins moelleux, rouge, bleu, or, il avait quelques belles femmes en tenues légères autour de lui, toutes prêtes à le satisfaire en tout point. Une jeune fille à ses pieds, tenait une assiette de fruit et délicatement, lui donnait des raisins lorsqu'il lui faisait signe de la main. Une autre se tenait en retrait vers l'arrière tenant une cruche de vin, s'avançant pour remplir son verre lorsque celui-ci était presque vide. D'autres papillonnaient autour de lui et lui administrait toutes sortes d'attention.
"Vas-tu entrer ou comptes-tu rester là toute la journée ?" lança le calife en direction du couloir. "Ce n'est pas que je n'aime pas l'attention, mais je préfère vérifier qui me la donne."
Pas très sûre d'elle, Ewana entra prudemment dans la pièce en jetant un regard intrigué au personnage assis devant elle.
"Ce n'est pas parce que je suis calife que je suis sans ressource. Ta petite interprétation m'a amusé, disons-le. Mais il se peut que mon amusement cesse, alors dépêche-toi de me dire pourquoi tu es là."
"Je suis venue vous demander la plume à poème parce que j'aimerais libérer mon prince."
D'un air de profond ennui, Sharaka l'observa attentivement de haut en bas.
"Tu viens chercher quoi ? Ne me dis pas que j'ai laissé entrer n'importe quoi dans mon palais."
"Non, non, elle n'est pas n'importe quoi, grand calife."
Ewana sursauta en entendant la voix de Mei provenir d'un coin de la pièce qu'elle n'avait pu observer de sa cachette dans le couloir.
"Mais qu'est-ce que tu fais ici ??!!"
"Oh, vous m'aviez bien dit de vous attendre, mais on m'a invité à venir prendre le thé en vous attendant et on m'a fait remarqué que "ici" peut tout aussi bien signifier l'intérieur du palais que l'extérieur, alors, je vous ai attendu ici en prenant une tasse de thé et j'ai pu observer à quel point vous vous êtes améliorée dans votre entraînement. Vous êtes vraiment plus douée maintenant."
Crispée, Ewana se retourna vers Sharaka avec des mouvements saccadés.
"On peut parler maintenant de la plume ?"
"Oh, oui bien sûr, j'ai fais l'acquisition dernièrement de toute sorte d'objet, je suppose que ce que tu cherches s'y trouve, il te suffit de la chercher dans la salle de dépôt."
"Merci !" s'exclama-t'elle en retournant vers l'entrée de la pièce. "Et elle est où, cette salle de dépôt ?"
"Un serviteur va t'y conduire aussitôt que tu m'aura donné quelque chose en échange de ta plume."
"Je n'ai pas grand chose sur moi, mais je suis sûre que je peux revenir avec tout ce que vous voudrez."
"Vraiment, mmm ... j'admets que j'aimerais bien garder ton petit truc, serviteur, animal de compagnie, quoi que tu puisse lui donner comme nom, je le vois bien me servir de porte-pied."
"NON !! Pas Mei et puis, c'est un ami."
"D'accord, alors quoi d'autre ? Qu'est-ce que tu pourrais bien me donner qui en vaudrait la peine ?"
Avant même qu'Ewana puisse ouvrir la bouche, Sharaka la coupa.
"Non, ne dis rien, justement tu n'as rien qui puisse m'intéresser, alors on va y aller comme suit, tu me donnera la première chose qui me plaît lors de ton voyage, bien sûr, je ne vais pas expliquer mes goûts, je vais simplement te mettre un engagement magique sur le bras. Marché conclu ?"
Ewana ne savait pas trop quoi faire, elle regardait la main tendu du calife devant lui qui la regardait d'un air supérieur et un tantinet manipulateur. Cependant, elle n'avait pas vraiment le choix, se disait-elle, elle n'avait rien à donner et c'est ce qu'il voulait.
"D'accord, marché conclu." répondit-elle en serrant la main du calife. Lorsqu'elle retira sa main, elle observa sur tout les coutures son bras à la recherche d'une trace du pacte.
N'en trouvant aucune, elle ne prit pas la peine de demander, elle prit la main de Mei et l'entraina à sa suite en sortant de la pièce d'eau. Un serviteur les attendait dans le couloir et leur fit signe de le suivre.
Il les conduisit dans une salle d'entrepôt où s'entassaient toutes sorte d'objet.
"Ne prenez rien d'autre que ce que le maître vous a accordé. Autrement vous devrez payer le prix."
Ronchonnant contre les manières de ce maître justement, Ewana commença sa recherche. Au bout d'une heure, exténuée, elle trouva une plume sous une cloche de verre.
"Comment on fait pour savoir si c'est la bonne plume ?"
"Peut-être devriez-vous écrire un poème pour être sûre ?"lui répondit Mei, couvert de poussière.
D'un air dubitatif, Ewana regarda la plume et se mit à écrire sur sa main. Aussitôt que la pointe de la plume toucha sa peau, elle se mit à écrire par elle-même des vers de toute sorte.
"C'est bon, on peut aller cherche le prochain objet, c'est quoi déjà ?"
"Nous devons aller dans la forêt pour y chercher le rêve-réveil à un mage."
"Ah oui, c'est ça, ben allons-y. En route pour l'aventure." dit-elle tout en s'époussetant et marchant d'un bon pas vers la sortie.
___
Quitter le désert fut assez pénible, sous la chaleur et le soleil, la princesse était sûre de cuire sur place.
Elle prit donc la peine de s'arrêter dans une petite auberge sur le bord de la route avant de poursuivre dans la direction que Mei lui dictera sûrement plus tard.
Oui, plus tard, pour l'instant un verre d'eau et pourvoir à se rafraîchir était le but d'Ewana en entrant dans l'établissement. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'elle découvrit un visage familier assis à l'une des tables.
"Hé ! Bonjour Lyra, que fais-tu ici ?"
La cousine d'Ewana, la princesse Lyra releva son nez de sa tasse de thé fumante et répondit en se tournant vers la nouvelle venue qu'elle était ici présente, car son propre fiancé, le prince Raphaël, était partit tôt ce matin sans lui indiquer où il allait et qu'elle avait décidé que si Monsieur prenait l'air aujourd'hui, alors elle aussi, le ferait de son côté.
"En plus, cet ingrat de Yuri et parti de son côté aussi ce matin, probablement vers ton château, ah ! pourquoi faut-il que tout le monde s'éloigne de moi maintenant ?"
"Ben, si tu es toute seule, tu veux venir avec moi ?"
"Et où vas-tu ainsi ?"
"Je suis en quête de mon prince enlevé par le cruel Cain machin chose."
"Cain le cruel, tu veux dire ?"
"Non, il me semble que son nom de famille commence par un "t", comme tarentule ou tannant ou quelque chose comme ça."
"Cain le terrible, vous voulez dire princesse." dit Mei en se joignant à la discussion.
"Oui, c'est ça, alors, tu veux venir avec nous sur la route ?"
"Bon, pourquoi pas, je n'ai rien d'autre à faire d'important aujourd'hui, mais je vous suit en carrosse."
La princesse Ewana se commanda une cruche d'eau et partit se nettoyer un peu avant de poursuivre son voyage en compagnie de son fidèle serviteur et de sa cousine Lyra.
Aux abords de la forêt, Ewana s'arrêta et regarda pensivement un écriteau, planté au milieu d'un embranchement.
À droite, il était indiqué : Danger pour les intrus, ne venez surtout pas !
À gauche, il était indiqué : Bienvenue cher voyageur, venez vous reposer.
Perplexe, Ewana se rapprocha de la fenêtre du carrosse de Lyra afin de mieux entendre sa future réponse.
"Qu'est ce qu'on fait maintenant, on prend à droite ou à gauche ?" demanda t'elle à ses deux compagnons, elle ne se souciait pas particulièrement du cocher qui n'a aucune importance dans cette histoire.
"Je ne sais pas trop, celle de gauche, je suppose, elle est plus invitante." répondit Lyra.
"Je pense que si j'étais un mage, je ne voudrais pas qu'on me dérange, alors je dirais à droite." répondit Mei en même temps que la princesse assise dans le carrosse.
"D'accord, vous ne m'aidez pas beaucoup là, bon, on essaye à droite et puis, si ce n'est pas le bon endroit en rebrousse chemin."
Peu convaincu du raisonnement de sa cousine, Lyra haussa les épaules, tandis que Mei tout content qu'on prenne son idée en premier, souriait jusqu'aux oreilles.
Ainsi le groupe prit à gauche dans la forêt qui semblait tout à fait normal pour l'instant.
Au bout d'une demie heure, le trio arriva devant une petite chaumière dans un cadre idyllique de la parfaite forêt normal.
Ewana descendit de son cheval et se rapprocha de la porte d'entrée, elle respira un grand coup et cogna assez fort pour qu'on puisse bien l'entendre.
Quelques minutes passèrent, puis la porte s'ouvrit sur un jeune homme dont l'air se figea aussitôt qu'il remarqua la personne qui se tenait sur son perron.
"Ah non ! Pas toi !"
Furent les seules paroles qu'Ewana entendit avant que la porte ne se referme rapidement sur son nez.
"Euh ... je pense qu'on s'est trompé d'endroit. On aurait dû prendre à droite."
"Mais quel malotru, ça ne se fait pas de fermer sa porte au nez d'une jeune femme et encore moins au nez d'une princesse."
"Non, c'est correct Lyra, je pense bien que je l'ai déjà vu quelque part et je ressens qu'il ne m'aime pas beaucoup. Je pense qu'on devrait juste continuer notre chemin dans le sens inverse."
"Oui, oui, vous le connaissez, il s'agit du bûcheron, il vient souvent porter du bois au château. Je ne comprend pas pourquoi par contre, il ne vous aime pas, vous êtes toujours auprès de lui en tout temps lorsqu'il vient au cas où il aurait besoin d'aide. Vous êtes tellement gentille, princesse et puis, vous pouviez vous pratiquer sur vos techniques de profilage en même temps."
"Mouais, je pense comprendre ... pas grand chose, je lui demanderais la prochaine fois qu'on se voit pourquoi il ne m'aime pas beaucoup. Mais, c'est pas tout ça, on repart dans la bonne direction cette fois-ci."
D'un air exaspéré devant l'indifférence de sa cousine pour une situation qui méritait pourtant une remontrance, Lyra s'éloigna de sa fenêtre et se cala plus confortablement dans les coussins de son habitacle.
Le groupe fit donc le chemin inverse et prit la route de droite qui les mena encore et toujours dans une forêt bien calme et au bout d'une autre demie heure, ajoutée à celle qu'ils avaient pris pour faire le demi-tour, ils arrivèrent devant une deuxième chaumière, beaucoup plus féminine que la première.
Une toute petite femme était occupée à jardiner dans les fleurs qui ornaient le devant de la maisonnette.
Ewana s'approcha doucement et pour la deuxième fois descendit de cheval.
"Bonjour, êtes-vous le mage de la forêt ?"
Se relevant vers ses visiteurs, Melian se retourna tellement rapidement par surprise, qu'elle tomba à la renverse.
C'est assise sur la terre et riant aux éclats qu'elle accueillit ses visiteurs impromptus.
"Bonjour, bonjour, oui, oui, c'est bien moi, la mage de la forêt. Je peux vous être utile ?"
Ewana s'approcha pour l'aider à se relever et lui exposa son problème.
"Oh ! Bien sûr, je veux aider à sauver le prince Caprinou, il est tellement gentil."
"Vous le connaissez ?"
"Oui, il vient parfois m'acheter des fleurs et prendre le thé, c'est un bon ami. Qu'est-ce qu'il vous faut ?"
"Il me faudrait le rêve-réveil, si vous en avez un."
Sans répondre, Melian entra chez elle et en ressortit presque immédiatement, tenant dans ses mains, un oreiller de plume bien rembourré.
"Ok, alors voilà, il vous suffit de le secouer pour endormir ou réveiller une personne. Si vous pouvez me le rapporter lorsque vous aurez terminé, ce serait gentil de votre part."
"Wow ! merci beaucoup, vous ne demandez rien en échange ?"
"Non, pourquoi, je n'ai besoin de rien et si j'ai un problème, il y a toujours le voisin d'à côté pour m'aider."
"Vous lui demandez vraiment de l'aide !!!! Non, je ne veux pas savoir ... merci encore."
Sur une courbette, la princesse de notre histoire, salua la si gentille mage et reparti pour continuer son
voyage vers le troisième objet. Elle n'arrivait cependant pas à comprendre comment la mage pouvait bien faire pour demander de l'aide à une personne si antisocial comme son voisin.
Finalement, la deuxième partie de sa quête s'était bien déroulée ... trop bien même pour Ewana, elle trouvait cela ennuyeux qu'il n'y ait rien eu de spécial dans cette forêt.
Il était une fois, une princesse qui déjeunait tranquillement chez elle. Le chancelier de son père, Nathan, vient lui porter une lettre avec un air soucieux.
"Quelle bonne nouvelle m'apportez-vous aujourd'hui ?" demanda t'elle.
"Rien qui pourrait vraiment vous faire plaisir princesse. Un message à propos de votre fiancé Caprinou Longue Oreille est arrivé ce matin. Vous-devriez le lire, c'est urgent." dit-il avec un air de conspirateur.
"Oh ! Caprinou, je suis toujours contente de lire de ses nouvelles, donnez-moi la lettre, je vous prie"
Ewana lu rapidement la missive et son air enjoué du début disparu rapidement tout au long de sa lecture. On y lisait un court message comme suit:
Je détiens votre prince, chère princesse, à vous de prouver que vous désirez le récupérer. Nous vous attendons tous les deux dans mon humble demeure.
Signé Cain le Ténébreux
"Mais c'est horrible ! Il a été enlevé par Cain la Terreur, le vil seigneur du royaume voisin !"
"Je le crains princesse, peut-être devriez-vous allez le secourir ?"
"Mmmmm .... ben oui, pourquoi pas, d'habitude j'ai des soldats pour faire ça, mais après tout, c'est mon fiancé et je n'ai rien à faire aujourd'hui." dit-elle avec un air songeur qui ne resta pas longtemps, il fut assez vite remplacé par un sourire enjoué.
"C'est d'accord, je pars ce matin, le temps de me changer et je suis prête pour l'aventure."
"Moui ... c'est ça, c'est ça, faites donc, bon, dépêchez-vous avant que les gardes ne se rendent compte de votre absence." renchérit le chancelier qui ne paraissait pas du tout louche aux yeux de la princesse. Il prit même la peine de la pousser un peu dans le dos afin qu'elle aille plus vite.
Sa décision prise, Ewana partit se changer, car après tout qui partait sur les routes sans être prête et un bon ninja ne laisse jamais son équipement derrière. Bon, enfin, un bon ninja ne permet pas à quiconque de croire que vous êtes ninja, mais être une princesse à des désavantages par rapport à cette confidentialité. Afin de l'aider à garder son secret, Ewana faisait confiance à son ami le plus proche et aussi écuyer, Mei Nature.
En entrant dans sa chambre, Ewana le découvrit en train de complimenter les fleurs en pots tout en repassant sa robe de soirée. Bien qu'il soit un homme, personne ne doutait jamais qu'il puisse développer autre chose avec la princesse qu'une amitié sincère et dénudée d'une quelconque attirance.
"Aujourd'hui nous partons à l'aventure Mei." lança Ewana en entrant furtivement dans sa chambre, aussi silencieusement que possible comme tout bon ninja.
"Bonjour à vous aussi princesse, nous partons où ?"
"À l'aventure, dis tu as vu ... dit tu n'aurais pas vu mes bottes silencieuses par hasard ?"
"Oui, elles sont rangées avec les autres chaussures. Moi, Est-ce que je dois me changer aussi ?"
"Non, ce n'est pas nécessaire, je ne pense pas que tu puisse jamais être ninja, mais ta présence à mes côtés est suffisante. Bon, où sont passées ces satanées bottes !"
Bien sûr, être princesse a aussi des avantages, on a assez d'argent pour s'acheter plein de trucs vraiment utiles.
Une fois habillée, une robe n'est pas vraiment pratique, mieux vaut un bon pantalon et un haut noir, et après avoir laissé Mei dire au revoir aux fleurs, ils descendirent le plus silencieusement possible. Facilement pour Ewana grâce à ses bottes, plus difficilement pour Mei, il n'avait pas de botte.
"Il faudrait que je pense à t'en acheter toi aussi pour la prochaine fois." ronchonna la princesse en passant de justesse devant les gardes qui mènent aux écuries.
"Oh ! D'accord, comme vous voulez, mais vous ne pensez pas qu'ils devraient savoir où nous allons ?" demanda Mei.
"Non, non, ce n'est pas nécessaire et puis, le chancelier sait où nous allons."
"Oui et d'ailleurs, le chancelier commence à s'impatienter princesse." répondit tout bas, Nathan qui attendait le duo avec des chevaux prêts. "Sans vouloir paraître trop désireux de vous voir partir, vous devriez peut-être vous dépêcher quand même. Je vous dis ça avec tout le respect que je vous dois bien sûr."
"Oui, on arrive, vous arriverez à retenir les gardes au cas où." questionna Ewana en grimpant sur le dos de sa pouliche préférée, Marguerite.
"Bien sûr princesse, maintenant allez-y." répondit avec insistance le chancelier dont le sourire engageant commençait à se fatiguer.
Sur ces dernières paroles, Ewana lança son cheval au galop, suivit de loin par Mei qui avait pris son temps pour amadouer l'animal sous le regard insistant de Nathan.
Ce dernier, un sourire charmeur sur le visage et balançant sa main en signe d'au revoir, furent les dernières choses qu'Ewana vit par dessus son épaule, car elle devait bien le faire afin de s'assurer que Mei la suivait.
_____
Après de longues heures de chevauchée, Ewana vit sur la route ce qui semblait être une vieille dame recourbée, enveloppée de grands châles multicolores. N'apercevant nulle maison ou habitation à l'horizon, elle décida de s'arrêter afin de s'assurer que la vieille femme soit correct.
"Bonjour, vieille dame vous êtes loin de tout ici, où allez-vous ?"
La dame se retourna lentement pour faire face à la jeune princesse. Ce n'est qu'une fois complètement retournée, qu'Ewana se rendit compte que la femme en question était plutôt jeune, mais penchée vers l'avant de telle sorte qu'elle semblait porte le poids d'un âge plus grand. Elle portait autour du cou toute sorte de sphères de différentes grosseurs et de différentes couleurs qui semblaient l'attirer vers le sol.
"Bonjour jeune fille, je vais ici et nulle part à la fois et toi où vas-tu ?"
"Oh ! Je ne me suis pas présentée, je m'appelle Ewana Flower et je viens du château, avez-vous besoin d'aide pour porter ces boules ?" répondit la princesse en descendant de Marguerite.
"Non, non, je n'ai pas besoin d'aide, ça va, toi par contre je sens que tu vas avoir besoin d'aide dans ta quête et je veux bien t'aider. Je vais te donner trois indices sur ce qu'il te faudra faire pour réussir à sauver ton prince."
"Mais, je n'ai pas parlé de prince et puis, comment savez-vous qu'il est dans les problèmes ?"
"Il n'est pas difficile de connaître le prénom de la princesse du coin et je suppose que par rapport à aujourd'hui, ton prince doit effectivement avoir besoin d'aide. Alors, maintenant écoute-moi. Premièrement, tu devras aller chercher une plume à poème chez le grand calife Sharaka dans le désert du sud. Fais attention à ce qu'il te demandera, il demande toujours quelque chose en échange de ce qu'il donne. Deuxièmement, tu devra aller chercher le rêve-réveil chez le mage de la forêt qui se trouve à l'est. Fais attention dans cette forêt, on ne sait sur qui on peut tomber. Finalement, tu devra te procurer la gourde sans fin chez les sœurs du verger. Ne tombe pas dans le piège qu'elles peuvent te poser. As-tu tout compris ce que je t'ai dit ?"
"Oui, il n'y a aucun problème, mais vous êtes sûre que vous n'avez pas besoin d'aide, ça semble lourd, c'est quoi au juste ?"
"Non, je n'ai vraiment pas besoin d'aide. Il s'agit des secrets, les miens, ceux des autres, ils peuvent être lourds à porter ou léger, ça dépend, j'en porte aussi pour les autres, ils vont les récupérer un jour. Celui qui entoure ton prince est plutôt léger en ce moment. Je te souhaite bonne chance dans ton voyage, princesse. Peut-être nous reverrons-nous."
"Oui, peut-être, je l'espère." répondit Ewana en remontant à cheval, "mais au fait, quel est votre nom ?"
Doucement, la femme disparaissait un peu comme si elle s'effaçait. Dans un soupir, Ewana eut le temps d'entendre, la dernière parole de l'étrange dame.
"Je m'appelle Jill. Au revoir."
"C'était vraiment étrange ! Vous pensez qu'il faut faire ce qu'elle dit de faire, princesse ?" demanda Mei qui s'était tenu à l'écart durant l'échange.
"Oui, en tout cas, ça ne coûte rien d'essayer de faire ce qu'elle dit de faire avant d'aller chez Cain le Terrible."
"La Terreur, c'est comme ça qu'il se nomme je crois."
"Peu importe, alors, allons-y pour la plume machin-chose !" s'exclama Ewana en poussant son cheval vers l'avant.
"Princesse, le sud est par là et je crois que c'était la plume à poème qu'il faut aller chercher."
"C'est tout à fait ça, tu as raison, allons-y!" Ewana rectifia la direction de son cheval, un air gêné sur le visage et elle s'élança vers les dunes chaudes du sud.
___
Au milieu du désert se dresse un immense palais de marbre blanc et d'or. En plein cœur d'un oasis luxurieux, Ewana contemplait le majestueux bâtiment qui lui faisait face et ne savait pas trop comment faire pour y entrer.
"Bon, on y est, comment on entre là-dedans ?"
"Si vous permettez princesse, vous pouvez utiliser la porte et dire tout simplement que vous voulez parler au grand calife."
"Non, je ne peux pas faire ça, on me repérerais tout de suite et puis, je ne dois pas trop faire savoir que je suis sortie du château. Je vais essayer la manière furtive, attends ici Mei. Je ne devrais pas être trop longue." dit-elle en descendant de sa pouliche.
Courbée et sans faire le moindre son, Ewana Flower se dirigea vers la partie la plus dense de l'oasis en prenant soin d'observer les murs lisses qui formaient le palais. Elle trouva rapidement un endroit à couvert où les nombreux serviteurs ne pouvaient la voir grimper.
Avec aisance, la princesse grimpa prestement jusqu'à atteindre une petite fenêtre assez grande pour lui permettre de se faufiler à l'intérieur.
Poursuivant sa lancée, elle fut exemplaire. Déjouant les gardes grâce à ses prouesses acrobatiques, elle ne fut pas repérée, mémorisant son chemin, elle était prête à sortir en cas de danger, écoutant les serviteurs sans qu'ils puissent remarquer sa présence, elle savait où se diriger pour atteindre la salle d'eau où se reposait en ce moment même le calife.
Dans un recoin du couloir menant à la salle en question, elle prit le temps de repérer les lieux. Le grand calife Sharaka était confortablement installé sur une pile de gros coussins moelleux, rouge, bleu, or, il avait quelques belles femmes en tenues légères autour de lui, toutes prêtes à le satisfaire en tout point. Une jeune fille à ses pieds, tenait une assiette de fruit et délicatement, lui donnait des raisins lorsqu'il lui faisait signe de la main. Une autre se tenait en retrait vers l'arrière tenant une cruche de vin, s'avançant pour remplir son verre lorsque celui-ci était presque vide. D'autres papillonnaient autour de lui et lui administrait toutes sortes d'attention.
"Vas-tu entrer ou comptes-tu rester là toute la journée ?" lança le calife en direction du couloir. "Ce n'est pas que je n'aime pas l'attention, mais je préfère vérifier qui me la donne."
Pas très sûre d'elle, Ewana entra prudemment dans la pièce en jetant un regard intrigué au personnage assis devant elle.
"Ce n'est pas parce que je suis calife que je suis sans ressource. Ta petite interprétation m'a amusé, disons-le. Mais il se peut que mon amusement cesse, alors dépêche-toi de me dire pourquoi tu es là."
"Je suis venue vous demander la plume à poème parce que j'aimerais libérer mon prince."
D'un air de profond ennui, Sharaka l'observa attentivement de haut en bas.
"Tu viens chercher quoi ? Ne me dis pas que j'ai laissé entrer n'importe quoi dans mon palais."
"Non, non, elle n'est pas n'importe quoi, grand calife."
Ewana sursauta en entendant la voix de Mei provenir d'un coin de la pièce qu'elle n'avait pu observer de sa cachette dans le couloir.
"Mais qu'est-ce que tu fais ici ??!!"
"Oh, vous m'aviez bien dit de vous attendre, mais on m'a invité à venir prendre le thé en vous attendant et on m'a fait remarqué que "ici" peut tout aussi bien signifier l'intérieur du palais que l'extérieur, alors, je vous ai attendu ici en prenant une tasse de thé et j'ai pu observer à quel point vous vous êtes améliorée dans votre entraînement. Vous êtes vraiment plus douée maintenant."
Crispée, Ewana se retourna vers Sharaka avec des mouvements saccadés.
"On peut parler maintenant de la plume ?"
"Oh, oui bien sûr, j'ai fais l'acquisition dernièrement de toute sorte d'objet, je suppose que ce que tu cherches s'y trouve, il te suffit de la chercher dans la salle de dépôt."
"Merci !" s'exclama-t'elle en retournant vers l'entrée de la pièce. "Et elle est où, cette salle de dépôt ?"
"Un serviteur va t'y conduire aussitôt que tu m'aura donné quelque chose en échange de ta plume."
"Je n'ai pas grand chose sur moi, mais je suis sûre que je peux revenir avec tout ce que vous voudrez."
"Vraiment, mmm ... j'admets que j'aimerais bien garder ton petit truc, serviteur, animal de compagnie, quoi que tu puisse lui donner comme nom, je le vois bien me servir de porte-pied."
"NON !! Pas Mei et puis, c'est un ami."
"D'accord, alors quoi d'autre ? Qu'est-ce que tu pourrais bien me donner qui en vaudrait la peine ?"
Avant même qu'Ewana puisse ouvrir la bouche, Sharaka la coupa.
"Non, ne dis rien, justement tu n'as rien qui puisse m'intéresser, alors on va y aller comme suit, tu me donnera la première chose qui me plaît lors de ton voyage, bien sûr, je ne vais pas expliquer mes goûts, je vais simplement te mettre un engagement magique sur le bras. Marché conclu ?"
Ewana ne savait pas trop quoi faire, elle regardait la main tendu du calife devant lui qui la regardait d'un air supérieur et un tantinet manipulateur. Cependant, elle n'avait pas vraiment le choix, se disait-elle, elle n'avait rien à donner et c'est ce qu'il voulait.
"D'accord, marché conclu." répondit-elle en serrant la main du calife. Lorsqu'elle retira sa main, elle observa sur tout les coutures son bras à la recherche d'une trace du pacte.
N'en trouvant aucune, elle ne prit pas la peine de demander, elle prit la main de Mei et l'entraina à sa suite en sortant de la pièce d'eau. Un serviteur les attendait dans le couloir et leur fit signe de le suivre.
Il les conduisit dans une salle d'entrepôt où s'entassaient toutes sorte d'objet.
"Ne prenez rien d'autre que ce que le maître vous a accordé. Autrement vous devrez payer le prix."
Ronchonnant contre les manières de ce maître justement, Ewana commença sa recherche. Au bout d'une heure, exténuée, elle trouva une plume sous une cloche de verre.
"Comment on fait pour savoir si c'est la bonne plume ?"
"Peut-être devriez-vous écrire un poème pour être sûre ?"lui répondit Mei, couvert de poussière.
D'un air dubitatif, Ewana regarda la plume et se mit à écrire sur sa main. Aussitôt que la pointe de la plume toucha sa peau, elle se mit à écrire par elle-même des vers de toute sorte.
"C'est bon, on peut aller cherche le prochain objet, c'est quoi déjà ?"
"Nous devons aller dans la forêt pour y chercher le rêve-réveil à un mage."
"Ah oui, c'est ça, ben allons-y. En route pour l'aventure." dit-elle tout en s'époussetant et marchant d'un bon pas vers la sortie.
___
Quitter le désert fut assez pénible, sous la chaleur et le soleil, la princesse était sûre de cuire sur place.
Elle prit donc la peine de s'arrêter dans une petite auberge sur le bord de la route avant de poursuivre dans la direction que Mei lui dictera sûrement plus tard.
Oui, plus tard, pour l'instant un verre d'eau et pourvoir à se rafraîchir était le but d'Ewana en entrant dans l'établissement. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'elle découvrit un visage familier assis à l'une des tables.
"Hé ! Bonjour Lyra, que fais-tu ici ?"
La cousine d'Ewana, la princesse Lyra releva son nez de sa tasse de thé fumante et répondit en se tournant vers la nouvelle venue qu'elle était ici présente, car son propre fiancé, le prince Raphaël, était partit tôt ce matin sans lui indiquer où il allait et qu'elle avait décidé que si Monsieur prenait l'air aujourd'hui, alors elle aussi, le ferait de son côté.
"En plus, cet ingrat de Yuri et parti de son côté aussi ce matin, probablement vers ton château, ah ! pourquoi faut-il que tout le monde s'éloigne de moi maintenant ?"
"Ben, si tu es toute seule, tu veux venir avec moi ?"
"Et où vas-tu ainsi ?"
"Je suis en quête de mon prince enlevé par le cruel Cain machin chose."
"Cain le cruel, tu veux dire ?"
"Non, il me semble que son nom de famille commence par un "t", comme tarentule ou tannant ou quelque chose comme ça."
"Cain le terrible, vous voulez dire princesse." dit Mei en se joignant à la discussion.
"Oui, c'est ça, alors, tu veux venir avec nous sur la route ?"
"Bon, pourquoi pas, je n'ai rien d'autre à faire d'important aujourd'hui, mais je vous suit en carrosse."
La princesse Ewana se commanda une cruche d'eau et partit se nettoyer un peu avant de poursuivre son voyage en compagnie de son fidèle serviteur et de sa cousine Lyra.
Aux abords de la forêt, Ewana s'arrêta et regarda pensivement un écriteau, planté au milieu d'un embranchement.
À droite, il était indiqué : Danger pour les intrus, ne venez surtout pas !
À gauche, il était indiqué : Bienvenue cher voyageur, venez vous reposer.
Perplexe, Ewana se rapprocha de la fenêtre du carrosse de Lyra afin de mieux entendre sa future réponse.
"Qu'est ce qu'on fait maintenant, on prend à droite ou à gauche ?" demanda t'elle à ses deux compagnons, elle ne se souciait pas particulièrement du cocher qui n'a aucune importance dans cette histoire.
"Je ne sais pas trop, celle de gauche, je suppose, elle est plus invitante." répondit Lyra.
"Je pense que si j'étais un mage, je ne voudrais pas qu'on me dérange, alors je dirais à droite." répondit Mei en même temps que la princesse assise dans le carrosse.
"D'accord, vous ne m'aidez pas beaucoup là, bon, on essaye à droite et puis, si ce n'est pas le bon endroit en rebrousse chemin."
Peu convaincu du raisonnement de sa cousine, Lyra haussa les épaules, tandis que Mei tout content qu'on prenne son idée en premier, souriait jusqu'aux oreilles.
Ainsi le groupe prit à gauche dans la forêt qui semblait tout à fait normal pour l'instant.
Au bout d'une demie heure, le trio arriva devant une petite chaumière dans un cadre idyllique de la parfaite forêt normal.
Ewana descendit de son cheval et se rapprocha de la porte d'entrée, elle respira un grand coup et cogna assez fort pour qu'on puisse bien l'entendre.
Quelques minutes passèrent, puis la porte s'ouvrit sur un jeune homme dont l'air se figea aussitôt qu'il remarqua la personne qui se tenait sur son perron.
"Ah non ! Pas toi !"
Furent les seules paroles qu'Ewana entendit avant que la porte ne se referme rapidement sur son nez.
"Euh ... je pense qu'on s'est trompé d'endroit. On aurait dû prendre à droite."
"Mais quel malotru, ça ne se fait pas de fermer sa porte au nez d'une jeune femme et encore moins au nez d'une princesse."
"Non, c'est correct Lyra, je pense bien que je l'ai déjà vu quelque part et je ressens qu'il ne m'aime pas beaucoup. Je pense qu'on devrait juste continuer notre chemin dans le sens inverse."
"Oui, oui, vous le connaissez, il s'agit du bûcheron, il vient souvent porter du bois au château. Je ne comprend pas pourquoi par contre, il ne vous aime pas, vous êtes toujours auprès de lui en tout temps lorsqu'il vient au cas où il aurait besoin d'aide. Vous êtes tellement gentille, princesse et puis, vous pouviez vous pratiquer sur vos techniques de profilage en même temps."
"Mouais, je pense comprendre ... pas grand chose, je lui demanderais la prochaine fois qu'on se voit pourquoi il ne m'aime pas beaucoup. Mais, c'est pas tout ça, on repart dans la bonne direction cette fois-ci."
D'un air exaspéré devant l'indifférence de sa cousine pour une situation qui méritait pourtant une remontrance, Lyra s'éloigna de sa fenêtre et se cala plus confortablement dans les coussins de son habitacle.
Le groupe fit donc le chemin inverse et prit la route de droite qui les mena encore et toujours dans une forêt bien calme et au bout d'une autre demie heure, ajoutée à celle qu'ils avaient pris pour faire le demi-tour, ils arrivèrent devant une deuxième chaumière, beaucoup plus féminine que la première.
Une toute petite femme était occupée à jardiner dans les fleurs qui ornaient le devant de la maisonnette.
Ewana s'approcha doucement et pour la deuxième fois descendit de cheval.
"Bonjour, êtes-vous le mage de la forêt ?"
Se relevant vers ses visiteurs, Melian se retourna tellement rapidement par surprise, qu'elle tomba à la renverse.
C'est assise sur la terre et riant aux éclats qu'elle accueillit ses visiteurs impromptus.
"Bonjour, bonjour, oui, oui, c'est bien moi, la mage de la forêt. Je peux vous être utile ?"
Ewana s'approcha pour l'aider à se relever et lui exposa son problème.
"Oh ! Bien sûr, je veux aider à sauver le prince Caprinou, il est tellement gentil."
"Vous le connaissez ?"
"Oui, il vient parfois m'acheter des fleurs et prendre le thé, c'est un bon ami. Qu'est-ce qu'il vous faut ?"
"Il me faudrait le rêve-réveil, si vous en avez un."
Sans répondre, Melian entra chez elle et en ressortit presque immédiatement, tenant dans ses mains, un oreiller de plume bien rembourré.
"Ok, alors voilà, il vous suffit de le secouer pour endormir ou réveiller une personne. Si vous pouvez me le rapporter lorsque vous aurez terminé, ce serait gentil de votre part."
"Wow ! merci beaucoup, vous ne demandez rien en échange ?"
"Non, pourquoi, je n'ai besoin de rien et si j'ai un problème, il y a toujours le voisin d'à côté pour m'aider."
"Vous lui demandez vraiment de l'aide !!!! Non, je ne veux pas savoir ... merci encore."
Sur une courbette, la princesse de notre histoire, salua la si gentille mage et reparti pour continuer son
voyage vers le troisième objet. Elle n'arrivait cependant pas à comprendre comment la mage pouvait bien faire pour demander de l'aide à une personne si antisocial comme son voisin.
Finalement, la deuxième partie de sa quête s'était bien déroulée ... trop bien même pour Ewana, elle trouvait cela ennuyeux qu'il n'y ait rien eu de spécial dans cette forêt.
18 février 2015
Sentiment
Je ne sais plus trop où j'en suis avec mes sentiments.
Je sais par exemple que je l'aime, mais j'ai tellement mal à cause de ça.
Je la regarde tous les jours, de loin. Lorsqu'elle parle avec d'autres personnes, lorsqu'elle est assise toute seule dans son coin, parfois en silence avec Liam ou même dans son sommeil si j'arrive à me réveiller avant elle le matin.
C'est fou comme on peut se réjouir de petites choses, son air hagard, mais adorable lorsqu'elle se réveille, son désir de retourner se coucher, la manière qu'elle utilise lorsqu'elle rechigne contre Madok lorsqu'elle veut plus d'attention, son air parfois si expressif et parfois neutre, son ton calme qui tente de réconforter autant qu'elle peut, sa voix qui peut être gentille, douce, agressive.
Elle peut être tranquille dans son coin, plaisanter un peu et expliquer sa manière de voir la vie ou même être agressive contre une personne qu'elle n'aime pas.
On remarque ce qu'elle ressent ou ce qu'elle pense, pas toujours facilement, mais ça peut être perçu.
Je l'observe beaucoup, mais toujours de loin, je n'ose plus vraiment l'approcher ou même lui parler. Par peur ... peur de lui faire du mal, peur d'avoir mal, peur de se rendre compte qu'elle agit différemment, avec défense et réserve, peur de se rendre compte qu'elle surveille ses mots, peur de n'avoir rien de plus à lui dire que ce je lui ai dit déjà. Qu'ai à rajouter ?
Tout est dit et il ne reste plus qu'à attendre, mais l'attente me tue à petit feu. À chaque occasion que j'ai de me rapprocher d'elle, elle se détourne d'une manière ou d'une autre. Elle semble enjouée lorsque je m'approche pour lui parler, puis elle garde ses distances en parlant. Nous abordons le sujet de notre couple et effectivement, je sais pas exactement ce qu'est un couple ou du moins ma conception est différente de celle des autres et je lui dis ... maladroitement et sans comprendre sur le coup que sa conception à elle est différente. Mais, tout chez elle me pousse à croire qu'elle ne veut pas ... de moi ... de nous. Elle ne veut pas de couple.
Alors, si lui laissez croire que nous n'en sommes pas un est mieux. Je le lui ai dit en pensant que non, nous ne sommes pas un couple, selon ma définition, mais ça ... je n'ai pas eu le courage de le lui dire. Que ma définition est différente, parce que j'ai pensé pendant un instant ... si ça peut l'aider à moins être nerveuse si elle pense qu'on n'est pas un couple, autant mieux le faire.
Je ne dis pas qu'il n'y avait rien, simplement que j'avais pas de mots pour décrire la relation que nous avions. Mais il semblerait que tout se résume au mot couple avec elle. Nous sommes un couple ou nous n'avons rien.
Malheureusement, même si je me fis davantage à la définition de quelqu'un d'autre pour définir le mot couple, je pense que j'irais vers la manière de penser de Corail. Un couple, c'est lorsque deux personnes s'aiment, le disent l'une à l'autres et que les deux veulent être ensemble. C'est être ensemble qui pose problème. Même avec cette définition là, nous sommes pas un couple, alors comment pouvait t'elle penser que nous étions un couple si elle ne veut même pas en bâtir un avec moi ?
On est un couple parce qu'on s'est dit qu'on s'aime et qu'on s'est embrassé, c'est ça, un couple pour elle ??!!
La profondeur d'un sentiment ne peut pas se définir seulement en mot, mais aussi en action, du moins pour moi. Alors, me dire que tu m'aimes, mais me rejeter par la suite parce que je ne suis pas ... je ne sais même pas ce que je suis qui pourrait poser problème dans une future relation avec elle.
Pour moi, ce n'est pas indiquer qu'elle m'aime, qu'elle a des sentiments, qu'elle les éprouve, qu'elle me trouve attirante, ça oui, d'accord, je l'ai compris, mais après ... ?
Qu'est-ce qui se passe ?
Et moi, là dedans, j'attends, comme une conne, des réponses qui vont me dire pourquoi elle ne peut pas être avec moi ou du moins, me démontrer qu'elle ressent effectivement quelque chose pour moi autrement que par des mots et un baiser sans contact physique.
Et moi pendant ce temps là, j'essaye quand même de la réconforter, ce qu'elle accepte par réflexe, elle en a besoin sur le coup, mais quand elle réalise ce qu'elle fait, elle me rejette à nouveau.
Moi pendant ce temps, là, je l'écoute avec Aurore sans rien dire, parce que je n'ose pas les déranger. Je la regarde bâtir une relation amicale avec elle avec des confidences, des conseils et puis quoi, je ne dois rien ressentir. Je suis jalouse de la relation amicale qu'elles peuvent entretenir ensemble. Une relation simple, positive où Anna parle librement, tout en cachant des choses bien sûr, mais sans s'inquiéter de la personne avec elle parle. Je n'en veux pas à Aurore, au contraire, je suis contente que Anna se développe des relations plus personnelles disons avec d'autres personnes. J'espère même qu'elles resteront en bon terme longtemps.
N'empêche, ça n'aide pas le sentiment d'isolement que j'ai. Ce n'est qu'un sentiment, ce n'est pas la réalité, mais je le vis vraiment intensément et je ne sais pas quoi faire pour l'arrêter.
Je parle avec les autres, je me rapproche de Corail, j'arrive quand même à détourner les discussions sur des sujets qui sont intéressants pour les autres et qui me permet de davantage les connaître. Ce n'est pas mal, mais moi, j'ai mal partout là-dedans.
Je ne veux tellement pas déranger, que ça me blesse, je ne veux tellement pas inquiéter les autres à propos de quoi d'ailleurs d'un sentiment de rejet qui est ce qui se passe réellement et envers quoi je ne peux rien faire sinon attendre la fin.
Je ne sais même pas si j'ai envie d'en parler et même si c'était le cas, à qui j'en parlerais ?
L'attente est la seule chose qui me reste et à laquelle je m'accroche. Elle me doit bien des réponses au moins et je crois fermement que je les mérite avec ce que je traverse en ce moment.
Bon, il y a ça et les larmes la nuit sous ma couverture quand le moment est un peu trop dur à passer.
Mais je ne veux pas que Anna ait mal à cause de moi, je n'ai pas envie de la blesser, donc j'aime autant mieux aller lui dire ma définition d'un couple et connaître la sienne, parce qu'elle m'intrigue ... sa définition.
Qu'est-ce que c'est, être en couple, pour elle ?
Je sais par exemple que je l'aime, mais j'ai tellement mal à cause de ça.
Je la regarde tous les jours, de loin. Lorsqu'elle parle avec d'autres personnes, lorsqu'elle est assise toute seule dans son coin, parfois en silence avec Liam ou même dans son sommeil si j'arrive à me réveiller avant elle le matin.
C'est fou comme on peut se réjouir de petites choses, son air hagard, mais adorable lorsqu'elle se réveille, son désir de retourner se coucher, la manière qu'elle utilise lorsqu'elle rechigne contre Madok lorsqu'elle veut plus d'attention, son air parfois si expressif et parfois neutre, son ton calme qui tente de réconforter autant qu'elle peut, sa voix qui peut être gentille, douce, agressive.
Elle peut être tranquille dans son coin, plaisanter un peu et expliquer sa manière de voir la vie ou même être agressive contre une personne qu'elle n'aime pas.
On remarque ce qu'elle ressent ou ce qu'elle pense, pas toujours facilement, mais ça peut être perçu.
Je l'observe beaucoup, mais toujours de loin, je n'ose plus vraiment l'approcher ou même lui parler. Par peur ... peur de lui faire du mal, peur d'avoir mal, peur de se rendre compte qu'elle agit différemment, avec défense et réserve, peur de se rendre compte qu'elle surveille ses mots, peur de n'avoir rien de plus à lui dire que ce je lui ai dit déjà. Qu'ai à rajouter ?
Tout est dit et il ne reste plus qu'à attendre, mais l'attente me tue à petit feu. À chaque occasion que j'ai de me rapprocher d'elle, elle se détourne d'une manière ou d'une autre. Elle semble enjouée lorsque je m'approche pour lui parler, puis elle garde ses distances en parlant. Nous abordons le sujet de notre couple et effectivement, je sais pas exactement ce qu'est un couple ou du moins ma conception est différente de celle des autres et je lui dis ... maladroitement et sans comprendre sur le coup que sa conception à elle est différente. Mais, tout chez elle me pousse à croire qu'elle ne veut pas ... de moi ... de nous. Elle ne veut pas de couple.
Alors, si lui laissez croire que nous n'en sommes pas un est mieux. Je le lui ai dit en pensant que non, nous ne sommes pas un couple, selon ma définition, mais ça ... je n'ai pas eu le courage de le lui dire. Que ma définition est différente, parce que j'ai pensé pendant un instant ... si ça peut l'aider à moins être nerveuse si elle pense qu'on n'est pas un couple, autant mieux le faire.
Je ne dis pas qu'il n'y avait rien, simplement que j'avais pas de mots pour décrire la relation que nous avions. Mais il semblerait que tout se résume au mot couple avec elle. Nous sommes un couple ou nous n'avons rien.
Malheureusement, même si je me fis davantage à la définition de quelqu'un d'autre pour définir le mot couple, je pense que j'irais vers la manière de penser de Corail. Un couple, c'est lorsque deux personnes s'aiment, le disent l'une à l'autres et que les deux veulent être ensemble. C'est être ensemble qui pose problème. Même avec cette définition là, nous sommes pas un couple, alors comment pouvait t'elle penser que nous étions un couple si elle ne veut même pas en bâtir un avec moi ?
On est un couple parce qu'on s'est dit qu'on s'aime et qu'on s'est embrassé, c'est ça, un couple pour elle ??!!
La profondeur d'un sentiment ne peut pas se définir seulement en mot, mais aussi en action, du moins pour moi. Alors, me dire que tu m'aimes, mais me rejeter par la suite parce que je ne suis pas ... je ne sais même pas ce que je suis qui pourrait poser problème dans une future relation avec elle.
Pour moi, ce n'est pas indiquer qu'elle m'aime, qu'elle a des sentiments, qu'elle les éprouve, qu'elle me trouve attirante, ça oui, d'accord, je l'ai compris, mais après ... ?
Qu'est-ce qui se passe ?
Et moi, là dedans, j'attends, comme une conne, des réponses qui vont me dire pourquoi elle ne peut pas être avec moi ou du moins, me démontrer qu'elle ressent effectivement quelque chose pour moi autrement que par des mots et un baiser sans contact physique.
Et moi pendant ce temps là, j'essaye quand même de la réconforter, ce qu'elle accepte par réflexe, elle en a besoin sur le coup, mais quand elle réalise ce qu'elle fait, elle me rejette à nouveau.
Moi pendant ce temps, là, je l'écoute avec Aurore sans rien dire, parce que je n'ose pas les déranger. Je la regarde bâtir une relation amicale avec elle avec des confidences, des conseils et puis quoi, je ne dois rien ressentir. Je suis jalouse de la relation amicale qu'elles peuvent entretenir ensemble. Une relation simple, positive où Anna parle librement, tout en cachant des choses bien sûr, mais sans s'inquiéter de la personne avec elle parle. Je n'en veux pas à Aurore, au contraire, je suis contente que Anna se développe des relations plus personnelles disons avec d'autres personnes. J'espère même qu'elles resteront en bon terme longtemps.
N'empêche, ça n'aide pas le sentiment d'isolement que j'ai. Ce n'est qu'un sentiment, ce n'est pas la réalité, mais je le vis vraiment intensément et je ne sais pas quoi faire pour l'arrêter.
Je parle avec les autres, je me rapproche de Corail, j'arrive quand même à détourner les discussions sur des sujets qui sont intéressants pour les autres et qui me permet de davantage les connaître. Ce n'est pas mal, mais moi, j'ai mal partout là-dedans.
Je ne veux tellement pas déranger, que ça me blesse, je ne veux tellement pas inquiéter les autres à propos de quoi d'ailleurs d'un sentiment de rejet qui est ce qui se passe réellement et envers quoi je ne peux rien faire sinon attendre la fin.
Je ne sais même pas si j'ai envie d'en parler et même si c'était le cas, à qui j'en parlerais ?
L'attente est la seule chose qui me reste et à laquelle je m'accroche. Elle me doit bien des réponses au moins et je crois fermement que je les mérite avec ce que je traverse en ce moment.
Bon, il y a ça et les larmes la nuit sous ma couverture quand le moment est un peu trop dur à passer.
Mais je ne veux pas que Anna ait mal à cause de moi, je n'ai pas envie de la blesser, donc j'aime autant mieux aller lui dire ma définition d'un couple et connaître la sienne, parce qu'elle m'intrigue ... sa définition.
Qu'est-ce que c'est, être en couple, pour elle ?
2 février 2015
Les couples
Je ne dis pas que je peux prendre toutes les définitions, ni même si la mienne est vraiment mauvaise, puisque tout le monde possède sa propre version d'un couple.
Qu'est-ce qu'un couple ?
Une relation qui commence lorsque la fille avoue aimer ou apprécier l'autre, afin qu'ils puissent passer aux fiançailles, puis au mariage. Le mariage commence lorsque le mariage est célébré, mais celui-ci peut être pour des raisons politiques, financières, d'obligation.
Et l'amour dans tout ça, qu'en est-il ?
On ne doit rien faire avant et considérer que deux personnes, parce qu'elles ont juste eu une célébration, sont un couple, sans qu'ils ne se connaissent nécessairement, sans savoir jusqu'où l'autre pourrait aimer ou tout faire pour garder le couple uni.
J'appelle ça, davantage une entente conjointe, où la raison a davantage de place et où les deux personnes sont partenaires dans un projet commun.
Ce n'est pas un couple pour moi.
Une relation qui doit se baser sur l'amour, la confiance, la fidélité, le désir d'être avec l'autre personne. Qu'il y ait un mariage ou pas, le couple commence lorsque l'amour est partagé. Le mariage est seulement l'étape qui confirme la relation aux yeux de tous, y compris du dieu célébré.
Dans ce cas-ci que fait-on lorsque l'autre aime, mais ne semble pas vouloir être avec la personne. Lorsque le désir d'être ensemble ne semble pas être là. Que fait-on lorsqu'il ne connaît pas assez l'autre personne pour savoir si on peut lui faire confiance ou pas ? L'amour suffit-il ?
La confiance aveugle devrait exister lorsqu'elle est mise à l'épreuve non ? Avant ça, on essaye de faire confiance, mais peut-on être si sûr ?
D'avoir fait le bon choix ou pas ? Se lancer dans le vide est apeurant, mais nécessaire pour tenter de créer un couple, ce n'est qu'avec le temps qu'on découvre si cette confiance est bien accordée ou pas.
Mais l'amour dans tout ça, peut-on continuer à aimer sans faire confiance ?
Une relation qui peut être une farce ou sérieuse. Considérer aussitôt que si deux personnes se tiennent ensemble, pas nécessairement avec amour, ni confiance, elles sont en couple si il peut y avoir une certaine complicité ou des actes à caractère sexuel.
Dire que ce simulacre de couple vide peut être l'équivalent d'une relation sérieuse où le garçon fait tout pour obtenir la fille, avec effort, en prenant beaucoup de temps si la fille en vaut la peine.
Ce n'est pas diminuer la véracité de ceux qui sont des couples solides depuis longtemps. Ce n'est pas abaisser l'importance qu'on peut accorder à ce qui unit deux personnes qui s'aiment vraiment, qui se font confiance que ce soit par aveuglement ou avec certitude. N'est-ce pas un peu contradictoire ?
Une relation qui peut être dénuée d'amour, tant qu'il y a du respect, un désir mutuel d'avoir des enfants. Le respect est important, mais je ne crois que c'est tout ce qu'il devrait y avoir dans un couple.
Bien choisir sa partenaire ne devrait pas être critère, mais avoir des opinions similaires concernant la famille doit être important, non ?
Pas seulement le fait de vouloir des enfants, mais de savoir comment les élever, avec quelles valeurs et quelle mentalité.
Un couple pour moi est peut-être trop sacré, trop important pour faire face aux définitions des autres. Mais, je pourrais peut-être le ramener à quelque chose de moins rare et à quelque chose de plus simple.
Je ne pense pas prendre tout ce qu'on m'a dit, mais ce qui me semble le plus juste. J'aime bien la définition de Corail, enfin pour les éléments qu'elle contient. C'est à dire que un couple c'est lorsque deux personnes s'aiment, le savent l'une, l'autre et qu'elles veulent être ensemble tout en faisant tous pour que cela arrive.
Je ne pense pas pouvoir m'enlever de la tête le sérieux d'un couple. Donc je ne vais pas considérer complètement comme un couple deux personnes qui n'ont pas vécu un long temps ensemble pour raffermir leur couple ou qui n'ont pas passer au travers de difficulté pour prouve leur sérieux l'un envers l'autre.
Je vais prendre davantage en considération les efforts qu'ils doivent faire pour atteindre l'état de couple, si on doit "courir", que ce soit pour de vrai et qu'on considère que ça en vaut vraiment la peine.
L'amour, est-ce tout ?
Non, je ne le pense pas.
Avant d'ouvrir son cœur complètement, que doit-on regarder ?
Avant de permettre à l'autre de nous faire souffrir, que doit-on faire pour durcir notre certitude de vouloir être avec l'autre ?
Avant de se jeter dans le vide, à quoi doit-on penser ?
Qu'est-ce qu'un couple ?
Une relation qui commence lorsque la fille avoue aimer ou apprécier l'autre, afin qu'ils puissent passer aux fiançailles, puis au mariage. Le mariage commence lorsque le mariage est célébré, mais celui-ci peut être pour des raisons politiques, financières, d'obligation.
Et l'amour dans tout ça, qu'en est-il ?
On ne doit rien faire avant et considérer que deux personnes, parce qu'elles ont juste eu une célébration, sont un couple, sans qu'ils ne se connaissent nécessairement, sans savoir jusqu'où l'autre pourrait aimer ou tout faire pour garder le couple uni.
J'appelle ça, davantage une entente conjointe, où la raison a davantage de place et où les deux personnes sont partenaires dans un projet commun.
Ce n'est pas un couple pour moi.
Une relation qui doit se baser sur l'amour, la confiance, la fidélité, le désir d'être avec l'autre personne. Qu'il y ait un mariage ou pas, le couple commence lorsque l'amour est partagé. Le mariage est seulement l'étape qui confirme la relation aux yeux de tous, y compris du dieu célébré.
Dans ce cas-ci que fait-on lorsque l'autre aime, mais ne semble pas vouloir être avec la personne. Lorsque le désir d'être ensemble ne semble pas être là. Que fait-on lorsqu'il ne connaît pas assez l'autre personne pour savoir si on peut lui faire confiance ou pas ? L'amour suffit-il ?
La confiance aveugle devrait exister lorsqu'elle est mise à l'épreuve non ? Avant ça, on essaye de faire confiance, mais peut-on être si sûr ?
D'avoir fait le bon choix ou pas ? Se lancer dans le vide est apeurant, mais nécessaire pour tenter de créer un couple, ce n'est qu'avec le temps qu'on découvre si cette confiance est bien accordée ou pas.
Mais l'amour dans tout ça, peut-on continuer à aimer sans faire confiance ?
Une relation qui peut être une farce ou sérieuse. Considérer aussitôt que si deux personnes se tiennent ensemble, pas nécessairement avec amour, ni confiance, elles sont en couple si il peut y avoir une certaine complicité ou des actes à caractère sexuel.
Dire que ce simulacre de couple vide peut être l'équivalent d'une relation sérieuse où le garçon fait tout pour obtenir la fille, avec effort, en prenant beaucoup de temps si la fille en vaut la peine.
Ce n'est pas diminuer la véracité de ceux qui sont des couples solides depuis longtemps. Ce n'est pas abaisser l'importance qu'on peut accorder à ce qui unit deux personnes qui s'aiment vraiment, qui se font confiance que ce soit par aveuglement ou avec certitude. N'est-ce pas un peu contradictoire ?
Une relation qui peut être dénuée d'amour, tant qu'il y a du respect, un désir mutuel d'avoir des enfants. Le respect est important, mais je ne crois que c'est tout ce qu'il devrait y avoir dans un couple.
Bien choisir sa partenaire ne devrait pas être critère, mais avoir des opinions similaires concernant la famille doit être important, non ?
Pas seulement le fait de vouloir des enfants, mais de savoir comment les élever, avec quelles valeurs et quelle mentalité.
Un couple pour moi est peut-être trop sacré, trop important pour faire face aux définitions des autres. Mais, je pourrais peut-être le ramener à quelque chose de moins rare et à quelque chose de plus simple.
Je ne pense pas prendre tout ce qu'on m'a dit, mais ce qui me semble le plus juste. J'aime bien la définition de Corail, enfin pour les éléments qu'elle contient. C'est à dire que un couple c'est lorsque deux personnes s'aiment, le savent l'une, l'autre et qu'elles veulent être ensemble tout en faisant tous pour que cela arrive.
Je ne pense pas pouvoir m'enlever de la tête le sérieux d'un couple. Donc je ne vais pas considérer complètement comme un couple deux personnes qui n'ont pas vécu un long temps ensemble pour raffermir leur couple ou qui n'ont pas passer au travers de difficulté pour prouve leur sérieux l'un envers l'autre.
Je vais prendre davantage en considération les efforts qu'ils doivent faire pour atteindre l'état de couple, si on doit "courir", que ce soit pour de vrai et qu'on considère que ça en vaut vraiment la peine.
L'amour, est-ce tout ?
Non, je ne le pense pas.
Avant d'ouvrir son cœur complètement, que doit-on regarder ?
Avant de permettre à l'autre de nous faire souffrir, que doit-on faire pour durcir notre certitude de vouloir être avec l'autre ?
Avant de se jeter dans le vide, à quoi doit-on penser ?
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